Une piscine bois semi-enterrée marie l'aspect chaleureux du bois avec l'atout paysager d'un bassin partiellement intégré au sol. Côté paperasse, prévoyez une déclaration préalable de travaux pour les bassins de 10 à 100 m². Vous devrez aussi creuser avec soin, couler une dalle béton armée et installer un drainage qui tient la route. Le secret de la longévité ? Des essences de bois traitées autoclave classe 4 et un respect scrupuleux des normes de sécurité.
Cadre réglementaire pour l'installation
Déclaration préalable de travaux : seuils et procédure
Dès que votre piscine semi-enterrée mesure entre 10 et 100 m², direction la mairie avec le formulaire Cerfa 13703 (vous le trouverez sur service-public.fr). Préparez-vous à réunir six documents : plan de situation (DP1), plan de masse coté en 3D (DP2), plan de coupe (DP3), document graphique d'insertion paysagère (DP6), photos de l'environnement proche (DP7) et lointain (DP8).
Comptez entre un et deux mois d'instruction après dépôt. Pendant ce temps, l'administration épluche votre projet et vérifie sa conformité au Plan Local d'Urbanisme. Pas de nouvelles ? Bonne nouvelle : le silence vaut acceptation et vous avez deux ans devant vous.
Budget prévisionnel : Entre 8 000 € (kit 6×3 m) et 25 000 € (réalisation sur-mesure 10×5 m avec local technique), selon les chiffres 2025 de la Fédération des Professionnels de la Piscine. Planning réaliste : 3 à 4 mois au total (1 à 2 mois d'instruction administrative, 10 à 18 jours de travaux selon la météo).
Permis de construire : quand devient-il obligatoire
Au-delà de 100 m² de surface, le permis de construire (Cerfa 13406) devient obligatoire. Même chose si vous installez un abri qui dépasse 1,80 m de hauteur.
Le permis exige davantage de pièces justificatives qu'une simple déclaration : notice descriptive détaillée, documents graphiques plus précis. L'instruction grimpe à trois mois minimum, voire quatre à cinq mois en zone protégée où l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) doit donner son avis.
Spécificités des zones protégées et secteurs classés
Monument historique à proximité, site patrimonial remarquable, secteur sauvegardé ou site classé ? La déclaration préalable devient obligatoire même sous 10 m². L'ABF, rattaché aux Directions Régionales des Affaires Culturelles, peut vous imposer des choix esthétiques ou des matériaux particuliers.
Le document graphique d'insertion paysagère prend ici toute son importance. Attendez-vous à fournir des photomontages professionnels montrant l'intégration du bassin dans son environnement. Rajoutez quatre à six semaines de délai supplémentaires pour la consultation de l'ABF.
Dispositifs de sécurité obligatoires et normes en vigueur
Depuis la loi du 3 janvier 2003, vous avez l'obligation d'installer un dispositif de sécurité normalisé. Objectif : prévenir la noyade des enfants de moins de 5 ans. Santé Publique France recensait encore 200 noyades accidentelles par an en piscine privée en 2024.
Barrière de protection conforme NF P90-306
La barrière homologuée NF P90-306 reste le dispositif le plus répandu. Hauteur minimale : 1,10 m mesurée depuis le sol ou le rebord du bassin. Espacement entre barreaux : moins de 11 cm.
Les poteaux et platines d'ancrage doivent résister à un arrachement de 50 kg, testé selon un protocole normalisé. Le portillon intègre un système de fermeture automatique et un verrouillage placé à 1,10 m mini du sol, hors de portée des jeunes enfants.
Alarme, couverture et abri : alternatives normées
La législation de janvier 2004 autorise trois alternatives : alarme d'immersion ou périmétrique (NF P90-307), couverture de sécurité (NF P90-308) ou abri de piscine (NF P90-309).
L'alarme périmétrique détecte toute intrusion dans un rayon de 2 à 3 m et déclenche une sonnerie d'au moins 100 décibels. La couverture de sécurité, rigide ou souple à barres, supporte le poids d'un adulte de 100 kg sans déformation ni basculement dans l'eau. L'abri de piscine, bas (moins de 1,80 m) ou haut, nécessite une déclaration préalable spécifique.
Installation et contrôle des dispositifs de sécurité
Installez le dispositif de sécurité dès l'achèvement de la construction du bassin, avant toute mise en eau. Fixez les platines de barrière par scellement chimique dans la dalle béton ou par chevillage mécanique sur la plage périphérique (entraxe de poteaux maximum 2,50 m).
Contrôlez visuellement tous les trois mois : déformation, corrosion des fixations, fonctionnement de l'ouverture/fermeture du portillon. Testez les alarmes tous les mois (piles et déclenchement) et remplacez les capteurs tous les 5 ans selon les recommandations fabricants.
Préparation du terrain et terrassement
Dimensionnement de l'excavation selon la profondeur d'enterrement
La profondeur d'enterrement idéale se situe entre 30 et 80 cm, soit un tiers ou la moitié de la hauteur totale du bassin. Cet enterrement assure un bon compromis entre esthétique et accessibilité, la hauteur de paroi émergente facilitant l'entrée dans le bassin.
Calculez le volume de terrassement en ajoutant 60 à 80 cm de largeur périphérique au-delà des dimensions extérieures du bassin. Cet espace accueillera le drainage, le remblayage et les canalisations. Sur terrain en pente, créez des paliers successifs avec un dénivelé maximal de 1 m entre niveaux.
Choix des engins de terrassement et techniques d'excavation
Une minipelle de 3 à 5 tonnes convient parfaitement pour une excavation de 15 à 40 m³ (piscine de 6×3 m à 10×5 m enterrée sur 50 cm). L'excavation progresse par passes horizontales de 30 cm, avec contrôle régulier des niveaux au laser rotatif.
L'accès engin au jardin nécessite une largeur de passage minimale de 2,50 m et une portance du sol supérieure à 1 kg/cm². Les terres sableuses ou limoneuses peuvent être stockées temporairement pour un réemploi ultérieur en remblai de finition, tandis que les terres argileuses doivent être évacuées.
Gestion des déblais et stabilisation du fond de fouille
Le cubage des déblais d'une piscine 8×4 m enterrée sur 60 cm atteint environ 25 m³ de terres, soit deux à trois rotations de camion benne. Le fond de fouille nécessite un compactage mécanique à la plaque vibrante pour atteindre une densité de 95% de l'Optimum Proctor Modifié, évitant les tassements différentiels ultérieurs.
Une couche de tout-venant 0/31,5 mm de 10 cm d'épaisseur, compactée mécaniquement, rattrape les irrégularités résiduelles et crée une assise homogène pour le lit de graviers drainants. Le contrôle topographique final vérifie une tolérance de planéité inférieure à ±1 cm sur l'ensemble de la surface.
Réalisation des fondations et dalle porteuse
Hérisson drainant et préparation du support
Le hérisson drainant constitue la première couche de fondation : graviers concassés calibrés 20/40 mm sur 15 à 20 cm. Cette couche assure une double fonction : répartition homogène des charges et drainage des eaux d'infiltration vers le réseau périphérique.
Compactez le hérisson par passes successives de 5 cm, avec arrosage léger entre chaque passe. Une nappe géotextile 200 g/m² (conforme à la norme EN 13249) sépare le hérisson du béton de la dalle, empêchant la migration des fines du béton dans les interstices des graviers. Pour plus de détails sur les fondations, consultez notre comparatif structure bois/béton.
Ferraillage et dosage du béton armé
Le ferraillage de la dalle porteuse utilise un treillis soudé ST25 (maille 20×20 cm, diamètre fils HA8) posé sur cales de 5 cm. Un second lit d'armatures en périphérie, constitué de fers HA10 espacés de 15 cm, renforce les zones d'appui des parois du bassin.
Le béton dosé à 350 kg de ciment CEM II/A par m³ assure la résistance mécanique requise de 25 MPa à 28 jours. Le béton autoplaçant (BAP) représente une alternative facilitant la mise en œuvre sur les dalles de grande surface.
Coulage de la dalle et temps de séchage
Coulez la dalle en une seule phase pour éviter les reprises de bétonnage et les risques de fissuration ultérieure. L'épaisseur finale de la dalle atteint 12 à 15 cm selon la portée et la charge du bassin rempli : une piscine 8×4 m contenant 60 m³ d'eau génère une charge de 60 tonnes à répartir.
Installation du drainage et évacuation des eaux
Dimensionnement du réseau de drainage périphérique
Le réseau de drainage périphérique utilise des tuyaux agricoles perforés en PVC rigide CR8 de diamètre 100 à 110 mm, installés en continu sur l'ensemble du périmètre du bassin. La pente minimale de 1% dirige gravitairement les eaux collectées vers un regard de visite placé au point bas du terrain.
Le dimensionnement du drain tient compte d'un débit de pointe de 4 à 6 litres/seconde/hectare lors d'épisodes pluvieux intenses.
Raccordement au réseau d'évacuation des eaux pluviales
Le raccordement du drainage au réseau d'assainissement des eaux pluviales s'effectue via un regard de visite béton préfabriqué de 40×40 cm minimum. La canalisation d'évacuation en PVC CR8 de diamètre 100 mm relie le regard au réseau communal ou à un puisard drainant privé si le raccordement public s'avère impossible.
Montage de la structure bois du bassin
Choix de l'essence de bois et traitement autoclave classe 4
Le pin du Nord (origine Scandinavie) et le douglas (origine France) constituent les essences majoritairement utilisées pour la structure des piscines bois semi-enterrées, après traitement autoclave classe 4. Ce traitement garantit une durabilité minimale de 10 ans en contact permanent avec l'humidité. Pour en savoir plus sur les propriétés des bois, voir notre guide sur les essences résistantes à l'eau.
Le traitement autoclave classe 4 utilise des sels de cuivre, chrome et arsenic (CCA) ou des produits organiques pénétrant en profondeur.
Le robinier (faux acacia), essence naturellement classe 4, représente une alternative haut de gamme. Les bois exotiques (ipé, cumaru) atteignent naturellement la classe 4 voire 5.
Assemblage de l'ossature et contreventement
L'assemblage de l'ossature s'effectue par empilement horizontal de madriers de 27 à 45 mm d'épaisseur, boulonnés entre eux. Les angles du bassin reçoivent un contreventement diagonal par jambes de force en bois massif 60×80 mm.
Renforcement des parois pour l'enterrement partiel
L'enterrement partiel génère une poussée latérale du remblai extérieur. Les parois semi-enterrées reçoivent des contreforts verticaux en madriers 45×145 mm espacés de 80 cm à 1 m. Une ceinture de compression supérieure rigidifie l'ensemble.
Étanchéité et pose du revêtement
Sélection du liner adapté à la piscine bois
Le liner PVC armé de 75/100e (0,75 mm) ou 85/100e (0,85 mm) constitue le revêtement étanche standard des piscines bois. Sa souplesse s'adapte aux dilatations naturelles. La couleur du liner influence la teinte de l'eau : bleu clair pour turquoise, sable pour effet lagon, gris pour miroir sombre.
Installation du feutre de protection
Le feutre de protection 400 à 500 g/m² sépare le liner du bois brut, absorbant les micro-mouvements de la structure. Débutez la pose par le fond du bassin, avec chevauchement de 10 cm entre les lés.
Remblayage et stabilisation périphérique
Choix des matériaux de remblayage drainants
Les graviers roulés ou concassés 20/40 mm constituent le matériau de remblayage optimal. Attention : La terre végétale excavée, si elle est argileuse, ne doit jamais être réutilisée directement en remblai périphérique.
Technique de compactage par couches
Effectuez le remblayage par couches horizontales successives de 20 à 50 cm maximum, compactées mécaniquement. Règle d'or : Le remplissage progressif du bassin en eau doit accompagner le remblayage extérieur pour équilibrer les pressions.
Traitement et protection du bois contre l'humidité
Le traitement autoclave classe 4 garantit une protection du bois durant 10 à 15 ans. Appliquez un saturateur bois extérieur sur les parties émergées pour compléter la protection autoclave. Le grisaillement naturel du bois résulte des UV ; un dégriseur peut redonner la teinte d'origine.
Aménagements périphériques et finitions
La plage périphérique en lames de bois exotique (ipé, cumaru) ou composite apporte une finition haut de gamme. Découvrez notre guide de pose pour terrasse bois sur plots pour réaliser votre plage de piscine.
L'éclairage LED basse tension 12V s'encastre dans les margelles. Les projecteurs immergés créent des ambiances colorées.
Système de filtration et traitement de l'eau
Le dimensionnement de la pompe de filtration repose sur le volume du bassin (filtration en 4h). Le filtre à sable se dimensionne pour une vitesse de filtration de 30 à 50 m³/h/m². Le local technique se positionne à moins de 10 m du bassin pour limiter les pertes de charge.
FAQ Technique
Quelle est la profondeur d'enterrement optimale ?
Entre 30 et 80 cm, soit un tiers à la moitié de la hauteur totale du bassin. Cet enterrement assure un compromis entre intégration et facilité d'accès.
La déclaration préalable est-elle obligatoire ?
Oui pour les bassins de 10 à 100 m² (Cerfa 13703). Les bassins de moins de 10 m² sont dispensés sauf en zone protégée.
Peut-on réutiliser la terre excavée pour le remblayage ?
Non, surtout si elle est argileuse. Utilisez des matériaux drainants (graviers 20/40 mm) pour éviter les pressions excessives.
Quelle est la durée de vie d'une piscine bois ?
15 à 25 ans pour un bois traité autoclave classe 4 bien entretenu. Les essences exotiques peuvent dépasser 30 ans.
Faut-il vider la piscine pour l'hivernage ?
Jamais totalement ! La pression du remblai déformerait les parois sans la contre-pression de l'eau. Optez pour un hivernage actif ou passif (niveau baissé).
Glossaire technique
- Autoclave classe 4
- Traitement sous pression du bois pour résister au contact permanent avec l'humidité (10 ans min).
- Hérisson drainant
- Couche de fondation en graviers 20/40 mm sous la dalle, assurant drainage et assise stable.
- Liner PVC armé
- Membrane d'étanchéité renforcée (0,75 ou 0,85 mm), soudée sur mesure, très résistante.
- NF P90-306
- Norme de sécurité pour les barrières de protection piscine (hauteur 1,10m, portillon autofermant).




