Une terrasse bois sur plots réglables répond aux besoins des terrains irréguliers, des dalles existantes et des chantiers exigeant un drainage performant. Cette technique modulaire conforme au NF DTU 51.4 autorise la construction d'un platelage extérieur sans fondation lourde. En France métropolitaine (2025), le coût total varie de 80 à 180 €/m² TTC selon l'essence choisie (fourniture + pose).
Le système repose sur trois composants : plots polymères réglables en hauteur, ossature de lambourdes porteuses et lames de bois massif ou composite. La mise en œuvre respecte des règles de dimensionnement précises (entraxes, sections, charges admissibles). Le vide technique créé sous la structure facilite la ventilation et l'évacuation des eaux pluviales. Cette conception non piégeante, définie par le FD P20-651, limite les risques de dégradation biologique du bois.
Une terrasse de 20 m² sur plots se réalise en 2 à 3 jours par un professionnel, contre 5 à 7 jours pour un particulier débutant.
Préparation du terrain
Décaissement et compactage mécanique
La qualité du support conditionne la durabilité de la terrasse et sa stabilité mécanique. Un sol mal drainé ou insuffisamment compacté provoque des affaissements différentiels et des déformations de la structure. Commencez par éliminer la terre végétale, les racines et les débris organiques sur 15 à 20 cm de profondeur.
Utilisez une plaque vibrante de 100 kg minimum pour le compactage par passes successives. Le compactage mécanique densifie le sol et réduit les tassements futurs. Créez une pente de 1 à 2% orientée vers l'extérieur pour assurer l'écoulement naturel des eaux. Finalisez avec un lit de grave stabilisée de 5 à 10 cm d'épaisseur comme couche drainante.
Pose du géotextile anti-végétation
Positionnez un géotextile non tissé de 100 g/m² minimum sur toute la surface avant de poser les plots. Cette toile filtrante bloque les remontées de végétation adventice tout en préservant la perméabilité à l'eau. Faites chevaucher les lés de 20 cm minimum et fixez-les temporairement par agrafes métalliques. Le géotextile protège les plots PVC du contact avec les graviers anguleux qui endommagent les embases.
Les zones de passage de réseaux nécessitent des découpes précises refermées après installation des fourreaux. Sur terrains envahis par des adventices vivaces à rhizomes (chiendent, liseron, prêle), utilisez un grammage de 120 g/m². Ne posez jamais de film polyéthylène étanche : le matériau empêche l'évacuation de l'humidité du sol et favorise la condensation sous les lambourdes.
Création de la pente d'écoulement
Calculateur de Pente
La pente d'écoulement se crée dès la préparation du support ou se compense par le réglage différentiel des plots. Une pente de 1,5% (1,5 cm par mètre linéaire) constitue le minimum technique pour éviter les stagnations. Orientez la pente vers un exutoire : caniveau périphérique, grille avaloir ou surface perméable adjacente.
Utilisez un niveau laser rotatif couplé à une mire graduée pour le nivellement. Reportez les cotes de référence tous les 2 mètres selon un quadrillage tracé au cordeau. Les zones basses sans évacuation des eaux pluviales retiennent l'humidité et favorisent le développement de mousses, lichens et champignons lignivores. Sur terrains argileux à faible perméabilité, complétez le dispositif par une tranchée drainante remplie de gravier concassé 10/20.
Dimensionnement des plots réglables
Fonctions et caractéristiques techniques
Les plots réglables assurent trois fonctions : transmission des charges verticales au sol, réglage altimétrique de la structure et maintien latéral des lambourdes. La charge admissible par plot varie de 500 à 1000 kg selon le matériau constitutif et la section de l'embase. Les plots en polypropylène renforcé supportent des contraintes supérieures aux plots PVC standard.
La hauteur réglable s'échelonne de 20 mm (plots bas) à 550 mm (plots extra-hauts pour terrasses suspendues). Les plots à vérin central se règlent par rotation de la tige filetée, graduée tous les 5 ou 10 mm selon les modèles. Les têtes de plots intègrent des ergots de maintien latéral ou des languettes autorisant le vissage des lambourdes.
Sélection selon charge et hauteur
La sollicitation de type 1 (circulation piétonne occasionnelle) autorise les plots standards PVC avec embase de 200 mm². Les sollicitations de type 2 (usage résidentiel) et type 3 (mobilier lourd, spa, stockage) imposent des plots renforcés à embase élargie ou nervurée. Au-delà de 150 mm de vide technique, utilisez des plots à embase large (250 à 300 mm) pour limiter les risques de basculement.
Les terrains en pente nécessitent des plots de hauteurs différentes pour compenser le dénivelé naturel. Un terrain présentant 15 cm de dénivelé sur 5 mètres linéaires requiert plusieurs références (plots 50-100 mm, 100-150 mm, 150-200 mm). Les plots autonivelants à rotule sphérique compensent automatiquement les pentes jusqu'à 5%.
Calcul du nombre de plots
L'entraxe maximal entre plots dépend de la section de la lambourde, de l'essence de bois et de la charge d'exploitation. Une lambourde en bois exotique lamellé-collé de section 42×68 mm posée à plat tolère un entraxe de 40 cm maximum. Une lambourde résineux 45×70 mm posée à chant (sur sa tranche) supporte un entraxe de 80 cm. Les lambourdes aluminium 40×60 mm posées à plat autorisent un espacement de 75 cm.
Déterminez d'abord le nombre de rangées de lambourdes parallèles. Pour une terrasse de 4 m de largeur avec un entraxe entre lambourdes de 40 cm : (400 cm ÷ 40 cm) + 1 = 11 lambourdes. Chaque lambourde nécessite un plot tous les 50 à 70 cm. Une lambourde de 5 m avec entraxe plots de 60 cm requiert 9 plots (un à chaque extrémité puis un tous les 60 cm).
Pour une terrasse de 4 m × 5 m (20 m²) avec lambourdes espacées de 40 cm et plots tous les 60 cm : 11 lambourdes × 9 plots = 99 plots. Ajoutez une marge de sécurité de 5 à 10% pour compenser les chutes, les plots défectueux et les ajustements.
Simulateur : Nombre de plots nécessaires
1. Dimensions de la terrasse
Longueur du mur où démarrent les lambourdes
Longueur des lambourdes
2. Configuration technique
Comparatif matériaux plots
| Caractéristique | Plot PVC | Plot polypropylène | Plot béton |
|---|---|---|---|
| Charge admissible | 500-700 kg | 700-1000 kg | > 1000 kg |
| Résistance UV | Moyenne (jaunissement) | Excellente (stabilisé) | Excellente |
| Réglage hauteur | Vérin fileté gradué | Vérin fileté gradué | Cales empilables |
| Poids unitaire | 150-300 g | 200-400 g | 2-5 kg |
| Coût relatif | Économique | Intermédiaire | Élevé |
| Durabilité | 15-20 ans | 20-30 ans | > 50 ans |
| Recyclabilité | Moyenne | Bonne | Faible |
Les plots PVC conviennent aux terrasses résidentielles de plain-pied avec charges modérées. Les plots polypropylène renforcé s'imposent pour les terrasses collectives, les zones de stockage ou les spas. Les plots béton préfabriqués se réservent aux projets de grande envergure nécessitant une durée de vie de plusieurs décennies.
Installation du réseau de plots
Traçage et positionnement
Le positionnement précis des plots détermine la géométrie finale de la terrasse et la planéité du platelage. Un écart de 5 mm sur le niveau d'un plot crée une marche ou une dépression visible sur la lame de surface. Tracez les axes longitudinaux et transversaux du réseau de plots au cordeau.
Définissez d'abord l'axe de référence parallèle à la façade ou au mur de clôture. Tendez un cordeau entre deux piquets pour marquer cet axe principal. Tracez les axes secondaires perpendiculaires à l'équerre de charpentier (méthode du triangle 3-4-5) ou au laser d'alignement. Positionnez les plots de la rangée de référence tous les 50 à 70 cm selon l'entraxe calculé.
Reportez les rangées suivantes par mesures successives, contrôlées au mètre ruban rigide. Matérialisez l'emplacement exact de chaque plot à la bombe de traçage ou à la craie. Les plots d'angle et de périphérie nécessitent l'ablation des ailettes latérales à la tenaille pour affleurer les bords de terrasse.
Réglage altimétrique et nivellement
Le réglage altimétrique compense les irrégularités du sol et crée la pente d'écoulement. Réglez en premier le plot de référence (l'angle le plus haut de la terrasse) à la hauteur souhaitée. Reportez cette cote de référence aux autres plots par niveau laser rotatif projetant un plan horizontal ou incliné selon la pente voulue.
Réglez chaque plot par rotation du vérin central : un tour complet de vis correspond à 2 ou 3 mm d'élévation selon le pas de filetage. Contrôlez avec un niveau à bulle posé sur une règle aluminium rigide de 2 ou 3 m reliant plusieurs plots alignés. L'écart toléré entre deux plots adjacents ne dépasse pas 2 mm pour garantir un platelage plan.
Les terrasses de grande dimension (> 30 m²) nécessitent un laser rotatif autonivelant avec une portée de 20 à 30 m et une précision de ± 1,5 mm à 10 m. Réalisez le réglage définitif après pose des lambourdes, par ajustements successifs sous charge.
Contrôle de la planéité
Le contrôle de la planéité vérifie que l'ensemble des têtes de plots se situe dans un même plan incliné selon la pente d'écoulement. Positionnez le niveau laser rotatif au centre approximatif de la terrasse, calé sur un trépied stable. La cellule réceptrice fixée sur une règle graduée capte le faisceau lumineux et indique l'écart en millimètres par rapport au plan de référence.
Un écart systématique dans une zone localisée révèle un tassement du sol ou un plot mal réglé. Les écarts ponctuels supérieurs à 5 mm imposent un réglage correctif du vérin de plot. La planéité finale tolère une flèche maximale de 3 mm sous une règle de 2 m, conformément au NF DTU 51.4.
Pose de l'ossature lambourdes
Sections et essences conformes NF DTU 51.4
Les lambourdes transmettent les charges des lames vers les plots. Leur section, essence et espacement résultent d'un calcul de dimensionnement selon les sollicitations et la portée. Le NF DTU 51.4 fournit des tableaux de cas précalculés évitant les calculs manuels complexes.
Les sections courantes s'échelonnent de 38×63 mm à 60×80 mm pour les bois résineux, et de 42×68 mm à 55×75 mm pour les bois exotiques lamellés-collés. La pose à chant (la plus grande dimension en hauteur) augmente la résistance à la flexion et autorise des portées plus longues. Une lambourde 45×70 mm posée à chant supporte un entraxe de plots de 80 cm, tandis que la même section posée à plat ne tolère que 40 cm.
Les essences recommandées présentent une durabilité naturelle de classe 3 minimum selon le FD P20-651 (classe d'emploi 3b : bois extérieur hors contact permanent avec l'eau). Les résineux traités par autoclave classe 4 (pin sylvestre, épicéa, douglas) présentent un rapport qualité-prix avantageux. Les bois exotiques (ipé, cumaru, itauba) apportent une durabilité supérieure et une stabilité dimensionnelle accrue.
Les lambourdes composites bois-polymère sont proscrites en usage structurel : elles présentent un fluage sous charge et une résistance mécanique insuffisante. Les lambourdes aluminium extrudé à rupture de pont thermique tolèrent des portées importantes avec des sections réduites.
Fixation sur ergots de plots
Vissez les lambourdes sur les ergots de plots avec des vis inox 4×50 mm en biais ou des vis zinguées 6×100 mm par le dessus. Le vissage en biais traverse l'ergot PVC et pénètre dans la lambourde sans traversée complète. Cette méthode assure un maintien latéral rigide empêchant le déplacement horizontal.
Le vissage traversant utilise des vis inox A4 fixant la lambourde par le dessus, l'ergot servant uniquement de butée de calage latéral. Cette technique simplifie la pose et facilite le démontage ultérieur pour maintenance. Positionnez les vis au centre de la largeur de la lambourde, à égale distance des rives pour éviter les fendillements.
Positionnez les lambourdes parallèlement entre elles, perpendiculaires au sens de pose des lames futures. L'espacement entre lambourdes adjacentes respecte les valeurs maximales du DTU 51.4 selon l'épaisseur et l'essence des lames. Un entraxe de 40 cm convient aux lames de 21 à 23 mm d'épaisseur en bois exotique ou résineux classe 4. Les lames composites de 25 à 28 mm tolèrent un entraxe de 50 cm.
Installation des entretoises anti-vrillage
Les lambourdes en bois massif de grande longueur (> 3 m) subissent un vrillage naturel lié au retrait différentiel du bois. Les entretoises transversales bloquent le vrillage en maintenant les lambourdes dans leur position théorique.
Réalisez les entretoises avec des chutes de lambourdes de même section, positionnées perpendiculairement entre deux lambourdes adjacentes. L'espacement maximal entre entretoises atteint 1,8 m : une terrasse de 5 m de longueur nécessite 3 entretoises par paire de lambourdes (une à chaque extrémité et une au centre). Fixez-les par vissage latéral avec des vis en acier zingué de 6×120 mm pénétrant de 60 mm minimum dans la lambourde.
Intégrez les chutes nécessaires aux entretoises dans le calcul du nombre de lambourdes. Une terrasse de 4 m de largeur avec 11 lambourdes espacées de 40 cm nécessite 10 intervalles à entretoisser. Avec 3 entretoises par intervalle sur 5 m de longueur, le besoin total atteint 30 entretoises de 40 cm chacune, soit 12 m linéaires de lambourdes supplémentaires.
Fixation des lames de terrasse
Visserie pour bois denses
Orientez les lames perpendiculaires aux lambourdes, dans le sens de la longueur de la terrasse pour minimiser les joints de bout. Positionnez la première lame à 20 mm minimum du mur de façade ou du seuil de porte pour autoriser la dilatation du bois. Vérifiez sa perpendicularité à l'équerre de charpentier avant fixation temporaire.
Les bois exotiques à forte densité (ipé 1000 kg/m³, cumaru 1100 kg/m³) nécessitent un avant-trou fraisé avant tout vissage pour éviter l'éclatement des fibres. Le diamètre de l'avant-trou correspond à 70-80% du diamètre nominal de la vis : pour une vis de 5 mm, percez un trou de 3,5 à 4 mm. La fraise conique agrandit l'entrée pour noyer complètement la tête de vis.
Utilisez des vis inox A4 (316L) qui résistent à la corrosion en atmosphère marine et au contact des tanins acides des bois tropicaux. Les vis en acier zingué subissent une oxydation rapide créant des auréoles noires disgracieuses. La longueur de vis respecte le ratio : 2,5 × épaisseur de la lame + pénétration 40 mm minimum dans la lambourde. Pour une lame de 21 mm : 21 mm × 2,5 + 40 mm = 92 mm, arrondi à 100 mm.
Une lame standard de 145 mm de largeur reçoit 2 vis par lambourde, positionnées à 25-30 mm des rives longitudinales. Pour une terrasse de 5 m avec 11 lambourdes et 30 lames, la consommation atteint 660 vis inox A4 de 5×100 mm.
Fixations invisibles
Les fixations invisibles suppriment les têtes de vis apparentes par un système de clips métalliques. Les clips en inox ou aluminium se vissent sur les lambourdes, une languette s'insérant dans la rainure latérale de la lame. Ce système nécessite des lames profilées spécifiques : les lames lisses standards ne sont pas compatibles.
Fixez la première lame en rive par vissage apparent dissimulé sous la future plinthe. Vissez les clips sur chaque lambourde, espacés de 40 à 50 cm selon les recommandations du fabricant. Emboîtez la lame suivante dans les clips de la rangée précédente, sa rainure opposée recevant les nouveaux clips. Le joint entre lames reste constant et automatique, défini par l'épaisseur du clip (5 à 6 mm).
Les fixations invisibles augmentent le coût matériel de 15 à 25% mais garantissent une finition haut de gamme. Le temps de pose s'allonge de 10 à 15% à cause de la manipulation des clips. Le principal atout réside dans la démontabilité : le retrait d'une lame endommagée s'effectue sans endommager les lames voisines.
Joints de dilatation
Le bois massif présente un retrait-gonflement lié aux variations d'humidité relative. Une augmentation de 1% du taux d'humidité du bois provoque un gonflement transversal de 0,20 à 0,35% selon les essences. Une lame de 145 mm en pin autoclavé exposée à une variation de 5% d'humidité subit un mouvement de 2,2 mm.
Le joint de dilatation minimal entre lames atteint 5 mm pour les bois résineux européens et 4 mm pour les bois exotiques (ipé, cumaru). Les lames composites bois-polymère présentent une dilatation thermique supérieure, imposant des joints de 6 à 8 mm. Calez le joint à l'aide de cales d'épaisseur calibrées (clou de 5 mm, chutes de lame chanfreinées) insérées entre les lames avant vissage.
Les lames de grande longueur (> 4 m) nécessitent un joint de bout de 10 mm minimum entre deux lames consécutives posées en prolongement. Positionnez les joints de bout en quinconce d'une rangée à l'autre, jamais alignés sur une même lambourde.
Drainage et ventilation
Hauteur de vide technique
Le vide technique entre le sol et la face inférieure des lambourdes assure l'évacuation gravitaire des eaux, la ventilation naturelle et l'accès technique aux réseaux. Un vide technique insuffisant (< 50 mm) crée un micro-climat humide favorisant le développement de champignons lignivores.
Le NF DTU 51.4 recommande une hauteur minimale de 50 mm pour les terrasses de plain-pied sur dalle béton ou sur stabilisé compacté. Les terrasses sur terre-plein ou végétalisé requièrent un vide technique de 100 à 150 mm pour limiter les remontées d'humidité par capillarité.
Les espaces confinés sous terrasse couverte nécessitent des aérations périphériques : grilles de ventilation, bandes perforées en rive, espacement entre lames élargi à 8 mm. Les zones climatiques à forte hygrométrie (littoral atlantique, régions de montagne) justifient un vide technique majoré de 20 mm par rapport aux zones continentales tempérées.
Espacement des lames
L'eau de pluie traversant les joints entre lames s'évacue verticalement vers le sol puis latéralement selon la pente d'écoulement. Un joint de 5 mm sur une lame de 145 mm de largeur représente une surface d'écoulement de 3,4% de la surface totale. Un joint de 8 mm porte cette surface à 5,5%.
Les lames lisses évacuent l'eau plus rapidement que les lames rainurées à profil strié qui retiennent l'humidité dans les micro-cavités. Les lames à double face (lisse/striée) se posent face lisse dessus en climat très humide pour accélérer le séchage.
Prévention des stagnations
Les stagnations d'humidité apparaissent dans les zones basses sans évacuation des eaux pluviales, aux angles morts et sous les lames de rive. Relevez le film géotextile en périphérie de 10 cm minimum pour former une cuvette anti-végétation.
Laissez un espacement de 20 mm entre les lames de rive et les parois verticales pour autoriser la circulation d'air et le séchage rapide après pluie. Dissimulez cet espace par une plinthe ventilée fixée au mur, décollée de 10 mm du platelage. Intégrez des découpes en biseau aux angles de terrasse pour éviter les zones mortes où s'accumulent feuilles mortes et débris organiques.
Choix de l'essence de bois
Bois exotiques certifiés
Les bois tropicaux durs présentent une durabilité naturelle de classe 4 ou 5 (très durable à extrêmement durable) sans traitement chimique selon le FD P20-651. L'ipé (Handroanthus spp.), originaire d'Amérique du Sud, affiche une densité de 950 à 1100 kg/m³, une dureté Brinell de 40 N/mm² et une stabilité dimensionnelle exceptionnelle. L'ipé passe d'une teinte brun-rouge foncé à gris argenté sous l'action des UV en l'absence d'entretien.
Le cumaru (Dipteryx odorata) partage des caractéristiques proches : densité de 1000 à 1150 kg/m³, classe de durabilité 1, retrait tangentiel de 7%. Sa teinte jaune-brun doré se patine en gris clair. Le teck (Tectona grandis) originaire d'Asie du Sud-Est présente une richesse en silice et en huiles naturelles lui conférant une imputrescibilité remarquable. Sa densité modérée (650 à 750 kg/m³) facilite le travail et le vissage.
Les bois exotiques nécessitent un approvisionnement certifié FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC garantissant une gestion forestière responsable. Leur coût élevé (40 à 80 €/m² HT pour les lames) se justifie par une durée de vie de 25 à 40 ans sans traitement et une maintenance réduite à l'application bisannuelle d'un saturateur.
Pin autoclavé classe 4
Le pin sylvestre (Pinus sylvestris) traité par autoclave classe 4 constitue l'alternative économique aux bois exotiques. Le traitement d'imprégnation en profondeur par sels de cuivre (CuAz ou Cu-HDO) confère une protection contre les champignons lignivores, les insectes xylophages et les termites. La pénétration du produit atteint 8 à 15 mm sous aubier.
La densité du pin autoclavé (500 à 550 kg/m³) facilite le sciage et le vissage sans avant-trou systématique. Sa teinte verdâtre artificielle s'estompe progressivement sous l'effet des UV, évoluant vers un gris-brun. La stabilité dimensionnelle reste inférieure aux bois tropicaux : retrait tangentiel de 8 à 10% contre 6% pour l'ipé. Les joints entre lames respectent un écartement minimal de 6 mm pour compenser les mouvements saisonniers.
La durée de vie d'une terrasse en pin classe 4 atteint 15 à 20 ans sous réserve d'un entretien régulier (nettoyage annuel, application de saturateur tous les 2 à 3 ans). Le coût matériel (18 à 30 €/m² HT) représente 40 à 50% de celui des bois exotiques.
Compatibilité essence-climat
Le fascicule FD P20-651 définit les classes d'emploi du bois selon les conditions d'humidification. La classe 3b qualifie les bois extérieurs alternativement humides et secs : elle correspond aux terrasses sur plots ventilées. La classe 4 concerne les bois en contact permanent avec l'eau ou le sol.
Les climats océaniques humides (littoral atlantique, Bretagne, Normandie) nécessitent des bois de classe 4 ou des essences exotiques naturellement durables. Les climats continentaux tempérés (Bassin parisien, Centre) tolèrent le pin classe 4 ou le douglas naturel classe 3 sous réserve d'une ventilation correcte. Les climats méditerranéens secs (Sud-Est, Provence) autorisent le mélèze de Sibérie classe 3 ou le robinier faux-acacia classe 4 naturel.
Les environnements marins (< 500 m de la côte) imposent des fixations inox A4 (316L) et des bois insensibles aux embruns salins (ipé, cumaru, teck).
Comparateur de Budget Matériaux
Estimation hors pose (fournitures seules : lames, lambourdes, plots, visserie)
Normes et réglementation
Prescriptions du NF DTU 51.4
Le NF DTU 51.4 "Platelages extérieurs en bois" constitue le référentiel technique opposable en cas de sinistre. Ce document définit trois sollicitations types selon les charges d'exploitation : type 1 (circulation piétonne occasionnelle, 150 kg/m²), type 2 (usage résidentiel courant, 250 kg/m²), type 3 (mobilier fixe lourd, 400 kg/m²).
Le DTU impose la conception non piégeante : absence de zones de stagnation d'eau, pente d'écoulement minimale, joints de dilatation libres, ventilation sous structure. Les assemblages métalliques (vis, boulons, équerres) respectent une compatibilité électrochimique avec le bois : visserie inox A2 minimum (A4 en atmosphère marine), interdiction de l'acier nu au contact de bois exotiques taniques.
Les lames présentent une épaisseur minimale de 21 mm pour les sollicitations type 1 et 2, portée à 27 mm pour les sollicitations type 3. La largeur maximale des lames atteint 145 mm pour limiter le voilement transversal.
Dimensionnement selon sollicitations
| Sollicitation | Charge exploitation | Épaisseur lame min. | Section lambourde min. | Entraxe lambourdes max. | Entraxe plots max. |
|---|---|---|---|---|---|
| Type 1 | 150 kg/m² | 21 mm | 45×70 mm (chant) | 50 cm | 70 cm |
| Type 2 | 250 kg/m² | 21 mm | 45×70 mm (chant) | 40 cm | 60 cm |
| Type 3 | 400 kg/m² | 27 mm | 60×80 mm (chant) | 35 cm | 50 cm |
Les sollicitations type 1 correspondent aux terrasses secondaires à usage occasionnel. Les sollicitations type 2 qualifient les terrasses résidentielles courantes (repas extérieurs, salon de jardin). Les sollicitations type 3 concernent les zones recevant du mobilier fixe lourd (cuisine d'été maçonnée, spa de 800 kg, jardinières béton).
Formalités d'urbanisme
Les terrasses extérieures de plain-pied dont la hauteur n'excède pas 60 cm par rapport au sol naturel et dont la surface reste inférieure à 20 m² sont dispensées de formalités d'urbanisme. Au-delà de ces seuils, déposez une déclaration préalable de travaux en mairie 1 mois avant le début du chantier. Les terrasses de plus de 20 m² et de plus de 60 cm de hauteur nécessitent un permis de construire déposé 2 mois avant travaux.
La hauteur se mesure depuis le terrain naturel existant jusqu'à la surface finie du platelage, lambourdes et plots compris. Les terrasses attenantes à une construction principale respectent les règles de distance aux limites séparatives : 3 m minimum sauf servitude de vue ou accord des voisins.
Finitions et entretien
Application de saturateur
Appliquez le saturateur sur bois sec (taux d'humidité < 20%), propre et dépoussiéré. Le saturateur pénètre dans les fibres du bois sans former de film en surface, contrairement aux lasures filmogènes proscrites en platelage. La formulation à base d'huiles végétales (lin, tung, tournesol) additivées de résines alkydes nourrit le bois et stabilise son taux d'humidité. Les filtres UV intégrés ralentissent la dégradation photochimique de la lignine responsable du grisaillement.
Appliquez deux couches espacées de 24 heures pour une imprégnation optimale. La consommation varie de 80 à 120 ml/m² par couche selon la porosité du bois. Brossez la surface entre les couches à la brosse nylon pour redresser les fibres soulevées. Pour une terrasse de 20 m², comptez 2 L de saturateur par an (2 couches), soit 40-80 € TTC selon la gamme.
Renouvelez l'application annuellement pour les terrasses fortement exposées (plein sud, sans ombrage), tous les 18 à 24 mois pour les terrasses partiellement ombragées. Les zones de fort piétinement (devant porte, accès escalier) nécessitent un renfort d'application.
Traitement anti-grisaillement
Le dégriseur régénère les bois grisés par élimination de la couche superficielle de lignine oxydée. Ce produit acide (acide oxalique ou citrique) s'applique dilué selon les recommandations du fabricant, laissé agir 15 à 30 minutes puis rincé abondamment à l'eau claire sous pression (nettoyeur haute pression réglé à 80 bars maximum). Laissez sécher complètement (48 à 72 heures selon météo) avant d'appliquer le saturateur.
Les bois exotiques riches en tanins (ipé, cumaru) libèrent ces composés phénoliques lors des premières pluies, créant des coulures brunes sur dalles ou murs adjacents. Rincez hebdomadairement à l'eau claire durant le premier mois d'exposition pour éliminer l'excédent de tanin.
Calendrier d'entretien
- Printemps (mars-avril) : Nettoyez par balayage puis lavage à l'eau savonneuse neutre. Brossez les zones encrassées et rincez abondamment. Inspectez visuellement le serrage des vis apparentes et vérifiez la stabilité des plots.
- Été (juin-juillet) : Appliquez le saturateur après séchage complet (2 couches espacées de 24h). Traitez en priorité les zones exposées. Protégez les abords contre les projections.
- Automne (octobre-novembre) : Évacuez les feuilles mortes et débris organiques. Nettoyez les joints entre lames au jet d'eau basse pression. Dégagez les aérations périphériques et vérifiez le drainage.
- Hiver (décembre-février) : Évacuez la neige sans raclage abrasif (balai souple). Surveillez les zones gélives. Limitez le salage (corrosif pour fixations métalliques).
L'entretien bisannuel intègre une inspection technique approfondie : contrôle du vrillage des lambourdes, vérification de l'absence de pourriture dans les zones confinées, test de résistance au poinçonnement des lames.
Pathologies et réparations
Traitement du vrillage des lambourdes
Le vrillage se manifeste par une torsion hélicoïdale de la lambourde modifiant la planéité du support de lames. Ce défaut apparaît sur bois massif de grande longueur séché insuffisamment ou stocké dans de mauvaises conditions. Les lambourdes présentant un taux d'humidité supérieur à 18% lors de la pose subissent un retrait différentiel provoquant une déformation permanente.
Redressez une lambourde vrillée par vissage d'entretoises renforcées tous les 80 cm, contraignant le bois à reprendre sa géométrie initiale. Les entretoises métalliques (cornière aluminium 40×40 mm) présentent une rigidité supérieure aux entretoises bois. Les cas sévères nécessitent le doublement de la lambourde : fixez une seconde lambourde accolée sur toute la longueur, les deux éléments se rigidifiant mutuellement.
Prévenez le vrillage en utilisant des lambourdes lamellées-collées présentant une stabilité dimensionnelle supérieure au bois massif. Les lambourdes en bois exotique dense (ipé, cumaru) vrillent moins que les résineux européens.
Remplacement d'une lame
Remplacez une lame fissurée, éclatée ou attaquée par pourriture sans démontage complet du platelage. Dévissez les fixations apparentes et retirez la lame endommagée par glissement latéral. Les lames à fixations invisibles nécessitent le dévissage des clips latéraux sur toute la longueur.
La nouvelle lame reproduit exactement les dimensions de la lame d'origine : même essence, même section, même finition de surface (lisse ou striée). Respectez le joint de dilatation (5 à 8 mm) pour éviter le bridage des lames adjacentes. Les lames neuves présentent une teinte plus claire que les lames patinées : l'écart chromatique s'estompe progressivement en 12 à 18 mois d'exposition UV.
Constituez un stock de lames de réserve (3 à 5% de la surface initiale) anticipé lors de l'achat initial pour garantir la disponibilité de lames identiques.
Correction d'un affaissement
L'affaissement localisé d'une zone de terrasse révèle un tassement du sol, une rupture de plot ou un sous-dimensionnement de la structure. Commencez le diagnostic par l'identification de la cause : soulevez une lame pour accéder au vide technique et inspectez visuellement les plots et lambourdes.
Compensez un tassement du sol naturel par le réglage altimétrique des plots concernés. Tournez le vérin central pour rehausser progressivement la structure jusqu'à retrouver la planéité d'origine. Les tassements importants (> 20 mm) nécessitent l'insertion de cales d'appoint sous l'embase du plot : plaque PVC rigide, dalle stabilisatrice en béton léger.
La rupture d'un plot (fissuration de l'embase, fluage du polymère sous charge) impose son remplacement complet. Dévissez les lambourdes pour libérer le plot défaillant, remplacez-le par un modèle de référence identique ou de capacité portante supérieure.
Questions fréquentes
Quel est l'entraxe maximum entre plots pour des lambourdes standard ?
Pour des lambourdes de 45x70 mm, comptez un entraxe de 60 à 70 cm. Réduisez-le à 40-50 cm pour des charges lourdes (Type 2 ou 3) ou des lambourdes posées à plat.
Faut-il poser un géotextile sur une dalle béton existante ?
Non, sur une dalle béton propre, les cales de protection en caoutchouc sous les plots suffisent. Le géotextile sert uniquement à empêcher la repousse de végétation sur sol naturel.
Quelle est la durée de vie d'une terrasse sur plots ?
La structure (plots + lambourdes classe 4) dure 20 à 30 ans. Le platelage dépend de l'essence : 15-20 ans pour le pin, plus de 40 ans pour l'ipé.
Peut-on poser une terrasse sur plots sur un sol en pente ?
Oui, c'est l'un des avantages majeurs. Utilisez des plots de hauteurs différentes ou des rehausses pour rattraper le niveau. Les correcteurs de pente (jusqu'à 5%) sont très utiles.
Les plots résistent-ils au gel et aux UV ?
Les plots en polypropylène sont conçus pour résister aux températures extrêmes (-30°C à +60°C) et aux UV. Ils ne deviennent pas cassants avec le froid.




